Les bonhommes Patates

Publié le : 15 novembre 20174 mins de lecture

La période où ma princesse terminait ses 3 ans de crèche était une période bénite des Dieux.
Elle était la reine de son groupe, était sociable, s’exprimait avec facilité, mangeait bien, me réclamait tous les jours d’aller à l’école.
J’en avais conclu – ‘l’école avec une préparation et une sociabilisation comme ça, ce sera figure in the noise !’.
Que Nenni. Comme me trompais-je intensément !
Ma princesse se trouvait en petite section, classe partagée entre le directeur de l’école, parfait administrateur mais peu patient pour des petites sections et sa jeune maitresse.
Les 10 premiers jours se passèrent à merveille, bien qu’elle fut séparée de tous ses copains de crèche.
Au bout de 10 jours – environ – elle me réclama de retourner à la crèche, m’expliquant que ‘ça y est, elle avait vu ce que c’était l’école’ et qu’elle préférait avant.
Nous sommes retournées plusieurs fois à la crèche pour qu’elle puisse constater – d’elle même – que ses copains en étaient partis – eux aussi.
Puis je me fis convoquer par le Directeur.
3 fois en 4 semaines.
L’homme d’expérience – 45 ans – 4 enfants à son compte et depuis 8 ans à la tête de cette même école – me tint le discours suivant : Votre fille est un cas. Je n’en avais encore jamais rencontré des comme elles. Si ça continue, il faudra penser à un autre mode de scolarisation, ce n’est pas possible comme ça.
C’était la première convocation. Nous étions encore en septembre.
Mais monsieur, j’entends ce que vous me dites, mais il y a encore quelques semaines, ma fille était on ne peut plus ‘normale’.
Ne me dites pas qu’elle s’est transformée en monstre en passant la porte de l’école tout de même !.
Ben c’est quand même à peu près ce qu’il m’a dit. Il faut dire que Leïla refusait de fait son autorité – allant jusqu’à se cacher sous le bureau au moment des sorties – et ne répondant pas aux appels des maitres quand ils se rendaient compte de son absence. C’est l’anecdote que j’ai le mieux retenu.
A la troisième convocation, The Papa m’avait accompagné et ça s’était très mal passé. La situation empirait, Leïla devenait rebelle aussi avec sa maitresse.
Bon. On s’en est sorti. Le directeur y était pour quelque chose, l’école, ce n’était plus le cocon de la crèche et l’éducation familiale était – aussi – à corriger. L’adoration du papa pour sa fille entre autre était à polir quelque peu…
ça nous a pris 2 ans.
Tout ça pour dire que quand ma numéro 2 est entrée à l’école cette année pour la première fois, j’étais dans mes petits chaussons.
Et que je suis soulagée de pouvoir dire – après 3 mois d’école – que jusqu’ici – tout va très bien pour Chipounette.
Elle est heureuse d’y aller, me parle ses nouveaux copains, des anciens qu’elle retrouve dans la cour, de ses activités.
je crois même qu’elle a un amoureux. Titouan – qui l’attend le matin dans la classe – et elle dessine les plus beaux bonhommes patates du monde.
Pourvu que ça dure.

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