Apparté

Publié le : 15 novembre 20173 mins de lecture

Des mois que j’étais privée de lecture évasion.
Sur les 18 derniers mois, en dehors de quelques bande-dessinées ou romans graphiques dont nous sommes friants à la maison, je me suis cantonnée à des thèses, ouvrages de chercheurs pour la réalisation de mon mémoire, bibles de marketing et de finances, des kilomètres de pages à lire et à surligner dans le métro, au bureau, dans le bain ou le lit.
Depuis quelques jours, je réalise que je suis redevenue libre.
Je ne suis plus guidée par un objectif ni une recherche de contenu précis mais par le seul plaisir gourmand de découvrir au hasard…la liberté !
Je me suis d’abord jetée sur un livre acheté il y a des mois et que j’avais laissé là – dans l’impossibilité de lui accorder le temps d’écoute qu’il méritait – alors qu’il m’aura fallu finalement à peine 2 jours pour le dévorer, moi en manque de sensations et l’auteur m’en envoyant plein la vue.
Une vie si violente et si pleine, que celle de Darina Al-Joundi, enfant et adolescente dans Beyrouth en guerre, raconte dans ‘le jour où Nina Simone a cessé de chanter’.
Et puis je suis ‘tombée’ sur ‘le fil du temps’, vie racontée par Corine, la bassiste du groupe Téléphone, the groupe rock français de toute une génération.
Il n’y avait à priori aucun lien entre les deux ouvrages, si ce n’est que j’aime lire les parcours raconté par des femmes au parcours particulier.
Or des liens, poutant, il y en avait :
la difficulté à mener une vie de femme libre, dans des espaces remplis de codes masculins – d’un coté la guerre, le monde musulman, l’autre l’univers rock, et pour les deux, autant la quête que la fuite de soi…
Une anecdote commune aux 2 livres surtout m’a marqué : Darina raconte que pendant une trève, un jeune libanais avait décidé d’organiser un concert géant, invitant ‘les grandes stars de Téléphone’, y mettant toute sa fortune, pour redonner l’espoir d’une vie possible à toute une ville.
Le projet avait fait le tour de tout le pays, ou presque.
Le jour même du concert, Téléphone annulait sa venue, parce que Jean Louis Aubert était à la limite de l’hospitalisation, raconte Corine.
Les libanais n’y ont jamais crû, et restent persuadés de leur abandon par le groupe.
Le jeune organisateur s’était ruiné pour ce projet, au sens propre comme au figuré.
Puis la guerre avait repris.
On n’imagine jamais à quel point on est chanceux de vivre dans une zone de paix.

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